À ma sortie de l’École Militaire Préparatoire Technique (EMPT), mon avenir semblait tracé au cordeau. Pour le bachelier de la série C que j'étais, l'armée représentait une suite logique, une sécurité confortable. Mais la logique a ceci de beau qu'elle peut être bousculée par un seul mot. Pour moi, ce mot tenait en une lettre : l’X. L'École Polytechnique de Paris. Ce n'était pas juste une ambition, c'était un rêve immense, une idée fixe qui a immédiatement balayé mes certitudes.
Quitter les rangs demande une sacrée dose d'audace. Avant même de passer le concours de l’INP-HB, j’décidé de fermer toutes les autres portes derrière moi. Pas de plan B, pas de filet de sécurité. Une seule chance, un seul tir. Pour atteindre Paris, le point de passage obligatoire s'écrivait en deux étapes à Yamoussoukro : la MPSI, puis la MP*.
Travailler seul dans son coin a pourtant ses limites. Les concepts mathématiques me parlaient, mais une question me trottait dans la tête : comment me situer par rapport aux meilleurs candidats de la planète ? C’est un ami qui m’a donné la clé en me parlant de SuccessPrepa.
En poussant leur porte, j'ai tout de suite eu une vision claire du concours. Au-delà des annales et des formalités administratives, j'y ai trouvé un véritable carburant : l’émulation. Se confronter à des anciens, échanger avec des bacheliers qui partageaient exactement le même objectif commun, c’était le déclic qu’il me fallait.
L'excellence comme effort collectif
Les sessions de logique et les défis mathématiques sont vite devenus un terrain de jeu que l'on partageait entre amis. L'excellence n'était plus un fardeau individuel, elle se construisait ensemble. Ce que je garde de cette aventure, c’est l'incroyable énergie collective de la communauté des « successiens ». Voir cette détermination partagée à chaque instant m'a poussé à me dépasser, bien au-delà de ce que je pensais possible.
Conseil d'un polytechnicien
Aujourd'hui, quand je marche sur le campus de Polytechnique à Paris, je repense à ce parcours avec beaucoup de reconnaissance. Si tu es actuellement sur un bureau de prépa, à douter de tes choix ou de l'avenir, retiens ceci :
Ne pas tout savoir à 18 ans est une chance. La prépa n’est pas qu'une machine à évaluer, c'est un incubateur de maturité, un espace pour apprendre à se connaître et à grandir. Fais confiance à ton potentiel.
Je m'appelle Kobena Dongo. J'étais programmé pour l'uniforme, j'ai choisi l'X. Je suis polytechnicien.